Roland Barthes : le texte et la vie [ru]

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Barthes a posé, par ses écrits théoriques, la possibilité de lire la vie « comme un texte ». Dès lors, il rend possible son écriture. Car écrire la vie ne va pas de soi : c’est en principe une entreprise impossible – comment concilier ces deux matières hétérogènes que sont le factuel et le textuel ? Toute écriture n’est-elle pas mise à mort, fixation contraire à la vie ?

Un genre porte pourtant cette ambition sur son nom : la bio-graphie. Ce genre est le plus libre, le plus ouvert qui soit, car contrairement à ce que croit la doxa, il n’a pas de forme établie. J’ai donc pris au pied de la lettre la proposition de Barthes de la vie comme texte, et je l’ai poussée dans ses retranchements, théoriques aussi bien que créatifs, jusqu’à ouvrir sur une nouvelle écriture, « biographique ». Cette proposition que fait Barthes dans les années soixante-dix est conforme à toute sa pensée du signifiant : ce qui l’intéresse, comme il le dit dans L’Empire des signes, « c’est la possibilité d’une différence, d’une révolution dans la propriété des systèmes symboliques. » Or la confrontation à l’Autre, devenu texte (mais non réduit à son œuvre) est par excellence pour le biographe l’expérience d’une différence dans les systèmes symboliques. Dans l’expérience de l’écriture biographique d’une vie-texte se trouve paradoxalement une des rares manières critiques d’aborder la pensée de Barthes et son écriture, en échappant à l’écueil du mimétisme.

Roland Barthes : le texte et la vie

à la Galerie « Ў »(avenue de l’Indépendance, 37a)
le samedi 31 octobre 2015 à 18.00 (entrée libre)

Dernière modification : 03/08/2016

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