Le marché de Noël : un succès économique sans frontières [ru]

Comme chaque année, quelques semaines avant le 25 décembre, les marchés de Noël s’installent au coeur de nos villes et nous plongent dans l’ambiance des marrons chauds et des santons. Ces chalets de bois présentent également un intérêt économique pour les communes qui les accueillent et les commerçants qui les animent.

Coutume originaire d’Europe centrale, le marché de Noël s’exporte et s’adapte aux us et aux spécialités locales. Vienne, Bruxelles, Berlin ou encore Dresde font partie des plus célèbres. Mais la France tient aussi à cette tradition, notamment dans le Nord et l’Est du pays.

Strasbourg organise le plus grand et le plus ancien marché de Noël de France, avec plus de deux millions de visiteurs attendus entre le 24 novembre et le 31 décembre. Pour la 442ème édition du « Christkindlmärik » (« marché de l’enfant Jésus » en alsacien), 300 chalets sont implantés sur onze sites différents. L’ensemble est dominé par un sapin haut de 30 mètres.

Les responsables de la capitale alsacienne font tout pour cultiver les traditions et préserver l’authenticité du marché de Noël. Une distance réglementaire entre les chalets et les stands des fêtes foraines est par exemple respectée. Pour la collectivité, cet évènement majeur se prépare dès le mois de février. Le coût net atteint près de 2,5 millions d’euros, avec de retombées économiques attendues à hauteur de 160 millions d’euros pour l’ensemble de l’agglomération.

Chaque année, un pays étranger est invité à Strasbourg. Pour cette édition, c’est la Géorgie qui partage ses traditions ancestrales, sa musique, son artisanat et ses spécialités culinaires. Mais Strasbourg exporte aussi son marché de Noël avec succès. Après Tokyo, il y a deux ans, c’est la ville de Moscou qui cette année a décidé de faire découvrir les spécialités alsaciennes aux citoyens russes. Vingt chalets vont être installés sur la place Rouge entre le 24 décembre et le 7 janvier. Avec un objectif : promouvoir la capitale alsacienne et développer son attractivité. « Avec l’expérience de Tokyo, les touristes japonais sont venus plus nombreux sur cette période, ne se cantonnant pas qu’à Paris », assure Robert Hermann, adjoint au maire de Strasbourg.

L’Alsace demeure une des régions les plus connues pour les marchés de Noël. Le temps d’un week-end, dans les petits villages, ou durant tout le mois de décembre pour les grandes agglomérations, on comptait en 2011 près d’une centaine d’opérations de cette nature ; de quoi dynamiser l’attractivité de la région à cette époque de l’année. En vingt ans, le taux d’occupation des hôtels alsaciens est passé de 36 à 64% en décembre ; soit un chiffre supérieur à celui constaté en été. En Lorraine, le marché de Noël de Plombières-les-Bains est le deuxième plus important de France. L’éclat des costumes et la splendeur des décors enchantent les visiteurs, petits et grands.

Dans le Nord aussi la tradition est perpétuée. A Amiens, à Béthune, on trouve des marchés réputés pour la qualité de leurs produits et la beauté de leurs décorations. Comme chaque année, Lille accueille une grande roue entourée de 80 chalets sur la place Rihour.

Dans le Sud de la France, en Provence notamment, les marchés sont surtout constitués de stands de santons, réalisés par les plus grands noms de cette tradition artisanale (Fouque, Dider ou encore Escoffier).

Quelle que soit la région, pour les commerçants et les artisans, cette manifestation représente une part significative de leur chiffre d’affaires, correspondant à un investissement conséquent. La location de l’emplacement peut coûter de 1 300 euros à plus de 6 000 euros, voire même jusqu’à 20 000 euros pour un chalet en bois sur les Champs Elysées à Paris. En 2011, le chiffre d’affaires du marché de Noël pour les seules installations de la célèbre avenue atteignait 2,5 millions d’euros.

Bien loin de l’ambiance typique des marchés de l’Est, chacun peut découvrir l’imposant marché de Noël du quartier de la Défense, en région parisienne. Entre le 21 novembre et le 29 décembre, sur plus de 10 000 m2 de surface, 300 chalets, un chapiteau et, depuis cette année, des igloos réalisés par des créateurs, s’installent sur l’immense parvis. Crèches et santons, décorations féériques de Noël, idées-cadeaux... Ce sont des milliers d’objets qui sont présentés dans les traditionnels chalets en bois situés aux pieds des tours du quartier d’affaires.

Barbara Leblanc

Dernière modification : 05/12/2012

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