Défense européenne : Hollande propose une "coopération structurée" en association avec Londres (6 mars 2017)

Paris, FRANCE | AFP

François Hollande propose une "coopération structurée" des "pays qui veulent aller beaucoup plus loin" sur l’Europe de la défense, en y association avec la Grande-Bretagne, dans une interview à six journaux européens publiée lundi avant un mini-sommet européen à Versailles.

"Je propose (...) une coopération structurée, pour fédérer les pays qui veulent aller beaucoup plus loin", a déclaré le chef de l’Etat ajoutant que dans son "esprit, le Royaume-Uni, même en dehors de l’UE, doit y être associé".

"La France et le Royaume-Uni ont des relations fortes en matière de défense, y compris dans le domaine, stratégique, de la dissuasion nucléaire", dit-il dans une interview accordée aux quotidiens Le Monde, Süddeutsche Zeitung, La Stampa, La Vanguardia, The Guardian et Gazeta Wyborcza.

Pour François Hollande qui réunit lundi à Versailles les dirigeants allemand, italien et espagnol pour évoquer l’avenir de l’UE, "l’Europe peut se relancer par la défense", l’élection de Donald Trump, très critique à l’égard de l’Otan et de l’Union européenne, jouant à cet égard le rôle d’accélérateur.

"C’est vrai que l’annonce d’un désengagement américain a suscité une prise de conscience" en Europe, affirme ainsi le chef de l’Etat, estimant qu’elle devrait se traduire par "une meilleure coordination" des politiques de défense, "l’intégration" des forces, le "renforcement" des capacités d’armement et des "outils de projection militaire".

La "méconnaissance de ce qu’est l’UE" manifestée par le président américain "nous oblige à lui démontrer sa cohésion politique, son poids économique et son autonomie stratégique", insiste-t-il.

"Nous connaissons maintenant ses lignes de conduite : l’isolationnisme, le protectionnisme, la fermeture à l’immigration et la fuite en avant budgétaire", poursuit-il. "L’inquiétude fait face à l’incertitude et l’euphorie des marchés financiers me paraît bien prématurée", dit-il.

Selon François Hollande, "l’Europe à vingt-sept ne peut plus être l’Europe uniforme à vingt-sept", sauf à prendre le risque qu’elle n’"explose".

Autour d’un "pacte commun, un marché intérieur avec, pour certains, une monnaie unique", détaille-t-il, les "États membres qui le souhaiteraient pourraient "aller plus loin" en matière de défense, d’harmonisation fiscale ou sociale, de recherche, de culture ou de jeunesse.

"Sans un nouvel esprit européen, l’UE sombrera dans la dilution et à terme dans la dislocation", déclare le président de la République.

Dernière modification : 14/03/2017

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