De Brest à Brest - retour épistémologique sur la perception des identités en Europe [ru]

de Brest à Brest

retour épistémologique sur la perception des identités en Europe
Conférence internationale

Minsk, bibliothèque de l’Ambassade de France, 11 – 12 février 2016
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Depuis les années 1960, la question des identités agite le continent européen. Des groupes minoritaires se constituent autour de la revendication de leurs droits et l’affirmation de leur identité offre un recours existentiel aux individus esseulés. Ces processus s’accélèrent à mesure que les anciens encadrements collectifs se défont. En France, les crispations autour du cadre laïc et national montrent l’évidement du contenu civique d’une existence en commun. Ailleurs en Europe, la montée des néo-nationalismes témoigne de l’actualité des questionnements identitaires. Et l’on voit resurgir les différences dans le rapport à l’altérité, entre les parties occidentale et orientale de l’Europe. Dans la violence des combats qui s’y déroulent, le front ukrainien marque le passage à une perception primordialiste : un Ukrainien parlant russe est considéré comme un citoyen ukrainien par les occidentaux et comme un « Russe » par la plupart des citoyens de Russie. Dénigrée en France, l’identité ethnique est une évidence partagée en Russie : ce qui relève d’une construction pour les tenants de l’approche dite « foucaldienne » est considéré comme une réalité sociale à l’Est de l’Europe. Ces divergences s’expliquent en partie par des différences de parcours historiques : les pays d’Europe orientale ne sont pas restés à l’écart du processus d’acculturation à la modernité individualiste, mais, dans le contexte d’empires traditionnels (ottoman, russe et austro-hongrois), les différences ethno-culturelles s’y sont maintenues malgré les tentatives de construction d’Etats nationaux. Héritage impérial contre héritage national, les discours scientifiques ont amplifié ces distorsions. Aujourd’hui, la radicalisation des discours primordialistes et déconstructivistes requiert de la part des observateurs, un retour sur leurs instruments d’analyse et sur les usages qui en sont faits. Tel est l’objet de notre conférence : faire le point sur les décalages dans la perception des identités dans nos pays respectifs. Il semble en effet urgent de trouver les termes d’un dialogue intellectuel susceptible de remettre en cause les radicalisations discursives. En ce sens, les recherches menées actuellement en Bretagne sont importantes pour repenser les questions identitaires sur la base d’une approche compréhensive. Par ailleurs, le choix de la Biélorussie s’impose de lui-même : dans le contexte des tensions géopolitiques entre l’Union Européenne et la Russie, l’affirmation par le gouvernement biélorusse de son rôle d’intermédiation diplomatique, et, à l’intérieur de la société biélorusse, la mise en avant d’une double identité slave et européenne, fait de ce pays le lieu idéal pour mener une réflexion apaisée et approfondie, dans une perspective théorique et comparatiste, sur la question de la perception des identités en Europe.

Cette conférence est organisée par le Centre d’études franco-biélorusse de Minsk, avec le soutien du fonds d’Alembert (Institut français), du CRBC (Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Rennes) et de l’Ambassade de France en Biélorussie. Les actes seront publiés en français et en russe.

Programme
jeudi 11 février 2016

09.00 – 12.00 les identités – une histoire d’émotions

• Pavel Tereshkovich (еxpert, Independant Bologna Committee, Minsk)
« La construction des identités parmi les populations de Polésie »

• Ronan Le Coadic (professeur de sociologie, directeur du Laboratoire d’études celtiques, Université de Rennes)
« Le droit du coeur : conception de l’identité en Bretagne »

13.30 – 17.00 les identités – des questionnement quotidiens
• Yulia Tcherniavaskaia (professeur, Université d’Etat des Arts de Biélorussie, Minsk)
« Etat des identités en Biélorusse : modération et quotidienneté »

• Venali Amelin (professeur, directeur du Centre de recherches historiques et ethnographiques de l’université d’Etat d’Orenbourg)
« La formation d’une identité russe parmi la jeunesse d’une région multiethnique : situation et perspectives »

• Eva Vetter (professeur, Université de Vienne)
« La construction d’une identité nationale en Autriche : histoire et actualité »

vendredi 12 février 2016
09.00 – 12.00 dans les intervalles entre espaces politiques

• Yann Bévant (maître de conférences, directeur du centre d’études irlandaises, université de Rennes)
« La Bretagne, un contre-exemple dans le réveil des nationalismes en Europe aujourd’hui ? »

• Ildar Gabdrafikov (chargé de recherche au Département des peuples de l’Oural, Académie des sciences de la Fédération de Russie, Oufa)
« Le processus de formation d’une citoyenneté dans une région multiethnique : le cas de la république du Bachkortostan »

• Viktor Shadurski (professeur, directeur du département de relations internationales de l’Université d’Etat de Biélorussie, Minsk)
« Les quatres principaux groupes identitaires nationaux dans la république contemporaine du Belarus »

13.30 – 16.00 jeux de miroir entre l’Est et l’Ouest

• Elena Fillipova (directeur de recherche à l’Institut d’ethnologie et d’anthropologie de l’Académie des sciences de Russie, Moscou)
« Les « nôtres » et les « autres » : discours identitaires en Russie et en France »

• Xavier Le Torrivellec (codirecteur, Centre franco-biélorusse d’études européennes, Minsk)
« Entre-soi et les autres : conflits armés, débats scientifiques et perception des identités en France et en Russie »

• Yves Plasseraud (Président du Groupement pour les droits des minorités, Paris) « Citoyenneté / nationalité : chassés croisés conceptuels entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est »

Contact : Xavier Le Torrivellec,centrefrancobielorusse@gmail.com, +375444799092

Pour entrer dans l’Ambassade, merci de présenter votre passeport !

Dernière modification : 03/08/2016

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