Campagne pour l’abolition universelle de la peine de mort . Point de presse du 15 avril 2013

À deux mois du Congrès mondial contre la peine de mort, qui se tient à Madrid du 12 au 15 juin 2013, la France réitère son opposition déterminée et constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. Ce congrès, organisé par l’association « Ensemble contre la peine de mort », avec le parrainage de la France, de l’Espagne, de la Norvège et de la Suisse sera un moment important pour le mouvement abolitionniste. La France appelle tous les États à lui apporter le plus ample soutien politique.

En 1981, la France abolissait la peine de mort. Le 9 octobre 2012, Laurent Fabius a lancé une campagne en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort pour renouveler et intensifier les actions de la France contre ce châtiment cruel, inhumain et sans effet dissuasif sur la criminalité. En lien étroit avec la société civile, l’ensemble du réseau diplomatique français est mobilisé pour faire avancer cette grande cause dans tous les États qui appliquent encore cette peine.

Nos efforts commencent à porter leurs fruits, comme en témoigne l’adoption, à une majorité toujours plus large, de la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant à l’instauration d’un moratoire universel, en décembre dernier. La prise de conscience mondiale progresse sur tous les continents, indépendamment du type de régime politique, du niveau de développement ou de l’héritage culturel.

L’abolition de la peine de mort gagne du terrain chaque année : deux tiers des 193 pays de l’ONU n’appliquent plus la peine de mort, contre un tiers il y a 10 ans. Pourtant, le combat est loin d’être gagné. Plusieurs Etats ont rompu des moratoires et repris les exécutions depuis 2012. Les exécutions augmentent même dans un noyau dur d’Etats qui maintiennent la peine de mort. Le rapport d’Amnesty international, rendu public le 10 avril, dénombre au moins 682 exécutions dans 21 Etats en 2012.

La France exhorte tous les États appliquant la peine de mort à mettre en place sans délai un moratoire sur les exécutions, dans la perspective d’une abolition définitive. Avec ses partenaires, elle continuera de porter avec ténacité le combat de l’abolition.

Q – Justement le ministre se rend en chine. La chine est un pays ou l’on pratique énormément la peine de mort, on voit beaucoup de déclarations sur beaucoup de pays mais on en voit peu sur la Chine. On imaginerait peut-être même que les chinois ont arrêté d’exécuter les gens mais je ne crois pas que ce soit le cas. Il y a d’autres pays comme le Koweït qui ont repris les exécutions récemment, qui ont rompu le moratoire. Est-ce que vous avez l’impression que la campagne progresse ? Est-ce que M. Fabius va soulever cette question lorsqu’il sera en Chine demain ?

R – Premièrement, il ne vous aura pas échappé que nous condamnons systématiquement toute exécution dont nous avons connaissance, et cela quelque soit le pays qui la pratique.

Deuxièmement, quand on regarde les chiffres en effet, il y a clairement un mouvement général qui va vers le moratoire au minimum ou vers l’abolition. Mais certains Etats, et nous le regrettons, qui avaient des moratoires en place ont levé ces moratoires et d’autres continuent à appliquer la peine de mort.

Troisièmement, la ligne pour nous est : on parle de tout, partout. Nous essayons de le faire sans arrogance mais sans transiger sur les principes et les droits qui nous paraissent fondamentaux.

Dernière modification : 16/04/2013

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